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MAISON FUNERAIRE CONFLUENCE
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Octobre, mois de sensibilisation au deuil périnatal

Maison Confluence – Soutien au deuil périnatal
Une pensée pour ces tout-petits et pour les familles qui vivent leur absence

Le mois d’octobre est un temps particulier pour toutes les familles confrontées au deuil périnatal. Il permet de mettre des mots sur une réalité encore trop souvent vécue dans le silence : celle de perdre un enfant pendant la grossesse, au moment de la naissance ou dans les premiers temps de sa vie.

Derrière l’expression « deuil périnatal », il y a avant tout des histoires de parents. Des histoires d’attente, d’espoir, de projections, de gestes déjà accomplis pour accueillir un enfant. Il y a parfois un prénom choisi, des échographies conservées, une chambre imaginée, quelques vêtements achetés, des conversations sur l’avenir et toute une place qui commence à se construire dans la famille.

Puis, parfois brutalement, tout s’arrête.

La particularité de ce deuil tient notamment au fait que l’enfant a parfois très peu vécu, ou n’a pas vécu en dehors du ventre de sa mère, alors même qu’il occupait déjà une place immense dans la vie de ses parents. C’est ce décalage qui peut rendre le deuil périnatal si difficile à comprendre pour l’entourage.

Pour les autres, il peut sembler y avoir peu de souvenirs. Pour les parents, il existe déjà une histoire.

La durée d’une vie ne mesure pas la force du lien qui s’est créé.

C’est sans doute l’un des aspects les plus douloureux du deuil périnatal : devoir parfois justifier une souffrance que l’entourage ne perçoit pas toujours à sa juste mesure.

 

Un deuil de l’intime

Le deuil périnatal touche à quelque chose de profondément intime. Il concerne à la fois le corps, le désir d’enfant, la parentalité, le couple et l’avenir que l’on avait commencé à imaginer.

Pour une mère, cette expérience peut prendre une dimension corporelle particulièrement forte. Son corps a porté l’enfant. Il s’est transformé. Elle a parfois senti ses mouvements, entendu son cœur, vu son visage à l’échographie. Elle peut avoir accouché, puis devoir rentrer chez elle avec les traces physiques de la grossesse et de l’accouchement, mais sans son bébé.

Le corps peut continuer à rappeler ce qui vient de se produire : le ventre encore présent, la fatigue, une cicatrice, parfois une montée de lait. Ces manifestations peuvent être vécues comme particulièrement violentes parce qu’elles témoignent d’une maternité bien réelle alors que l’enfant n’est plus là.

À cela s’ajoute parfois le retour dans une maison déjà préparée.

Une chambre. Un berceau. Des vêtements. Un doudou. Une poussette.

Autant d’objets qui, quelques jours auparavant, représentaient l’attente et la joie, et qui deviennent brutalement les témoins d’une absence.

C’est pourquoi le deuil périnatal peut être décrit comme un deuil profondément intime : il traverse le corps, l’identité de parent, la vie conjugale et familiale, mais aussi tous les projets qui avaient commencé à prendre forme.

Le deuil d’un enfant, mais aussi celui d’un avenir

Lorsqu’un bébé meurt, les parents ne perdent pas seulement leur enfant. Ils perdent aussi une partie de l’avenir qu’ils avaient commencé à imaginer avec lui.

On ne pleure pas seulement ce qui a été vécu. On pleure aussi tout ce qui aurait dû avoir lieu.

Un premier sourire. Des premiers pas. Un anniversaire. Une rentrée scolaire. Des vacances. Une adolescence. Une vie entière parfois déjà esquissée dans la pensée.

Cette dimension explique en partie pourquoi certains parents peuvent éprouver une douleur très profonde alors que leur entourage leur dit parfois qu’ils ont « peu connu » leur enfant.

Un parent peut avoir partagé quelques heures seulement avec son bébé et pourtant avoir déjà construit avec lui une relation, un imaginaire, une place.

Le deuil périnatal est donc aussi un deuil de l’avenir.

Et c’est précisément pour cette raison que certaines phrases destinées à consoler peuvent parfois blesser davantage qu’elles n’apaisent.

« Vous aurez un autre enfant. »
« Vous êtes jeunes. »
« Il vaut mieux que cela soit arrivé maintenant. »
« Vous n’avez pas eu le temps de le connaître. »

Ces paroles sont souvent prononcées avec de bonnes intentions. Mais elles peuvent minimiser la perte.

Un autre enfant ne remplacera jamais celui qui est mort. Une nouvelle grossesse ne fera jamais disparaître la précédente. Chaque enfant a sa propre place et sa propre histoire.

 

Une mère et un père ne vivent pas toujours le deuil de la même manière

Le deuil périnatal peut également mettre le couple à l’épreuve.

Deux parents vivent le même événement, mais ils ne le vivent pas nécessairement de la même manière.

La mère a porté l’enfant dans son corps. Elle peut être confrontée à une souffrance physique et psychique extrêmement imbriquée. Elle peut ressentir de la culpabilité, chercher à comprendre ce qui s’est passé ou avoir l’impression que son corps l’a trahie.

Le père ou le coparent peut, quant à lui, vivre une souffrance moins visible.

Il devient parfois celui qui organise, celui qui téléphone, celui qui prévient les proches, celui qui accompagne sa compagne, celui à qui l’on demande : « Comment va-t-elle ? » Mais beaucoup moins souvent : « Et toi, comment vas-tu ? »

Cette place peut être très difficile.

Certains pères expriment leur douleur en parlant. D’autres en agissant. Certains reprennent rapidement le travail. D’autres s’effondrent plus tard. Certains ont besoin d’être entourés, d’autres de silence.

Ces différences ne signifient pas que l’un aime davantage ou souffre davantage. Elles montrent simplement que chacun tente de trouver sa manière de traverser l’épreuve.

Il peut donc être essentiel, dans un couple, de comprendre que le rythme de l’autre n’est pas nécessairement le sien.

L’un peut vouloir parler du bébé tous les jours quand l’autre n’y arrive pas encore. L’un peut souhaiter regarder les photographies. L’autre ne pas pouvoir les voir.

Ces différences peuvent être difficiles à vivre, mais elles ne signifient pas forcément que le couple se désunit.

Deux personnes peuvent aimer le même enfant et porter son absence de deux manières différentes.

 

Garder des traces de son enfant

Dans le deuil périnatal, les souvenirs matériels peuvent prendre une importance particulière.

Parce que la vie a parfois été très courte, chaque trace peut devenir précieuse.

Une échographie. Un bracelet. Un bonnet. Un petit vêtement. Une photographie. Une empreinte de main ou de pied. Une mèche de cheveux. Une carte avec le prénom de l’enfant. Une bougie. Une lettre écrite par les parents. Une boîte à souvenirs.

Ces objets peuvent sembler modestes. Pourtant, avec le temps, ils peuvent devenir de véritables repères dans l’histoire familiale.

Certaines maternités proposent aujourd’hui de créer des souvenirs avec les parents. Cela peut être une photographie, des empreintes ou quelques objets conservés dans une boîte.

Il est cependant essentiel de rappeler qu’aucun parent ne doit être obligé de faire quoi que ce soit.

Certains souhaitent voir leur enfant, le prendre dans leurs bras, le photographier ou participer à certains soins. D’autres n’en sont pas capables ou n’en ressentent pas le besoin.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire. Il y a seulement ce que chaque parent peut vivre à cet instant.

Avec le recul, certains souvenirs peuvent pourtant prendre une importance considérable. Une photographie qui paraissait impossible à regarder les premiers jours peut devenir, plusieurs années plus tard, l’un des rares témoignages visibles de l’existence de l’enfant.

Garder une trace ne signifie pas refuser d’avancer.

« Tu as existé. Tu as été attendu. Tu as été aimé. »

Peut-on organiser des obsèques pour un bébé ?

La question des obsèques se pose parfois très brutalement aux parents, alors qu’ils sont encore sous le choc.

Selon les circonstances médicales et administratives, différentes possibilités peuvent exister.

Lorsque la situation le permet, les parents peuvent organiser des obsèques pour leur enfant. Une inhumation ou une crémation peuvent être envisagées selon le cadre applicable et le choix de la famille.

Une cérémonie peut également être organisée. Elle peut être religieuse, civile ou entièrement intime.

Il n’est pas nécessaire qu’elle rassemble beaucoup de monde.

Quelques personnes peuvent suffire. Une musique. Une bougie. Quelques fleurs. Un texte. Une lettre. Un objet symbolique. Un dessin d’un frère ou d’une sœur. Ou simplement un temps de silence.

Il n’existe pas de modèle idéal.

L’important est que les parents puissent, s’ils le souhaitent, disposer d’un moment pour dire au revoir.

Pour certaines familles, ce temps est très important parce qu’il permet de matérialiser quelque chose qui leur échappait jusque-là. Il donne une place. Un lieu. Un moment. Une date.

Il permet de reconnaître que cet enfant a appartenu à la famille et qu’il continue à faire partie de son histoire.

Dans une telle situation, le rôle du professionnel funéraire doit rester très mesuré. Il ne s’agit pas d’imposer un cérémonial. Il s’agit d’informer, d’écouter, d’expliquer les possibilités et de permettre aux parents de construire ce qui leur paraît juste.

 

Une reconnaissance possible à l’état civil

La législation française prévoit, dans certaines situations, la possibilité d’établir un acte d’enfant sans vie.

Cette possibilité dépend des circonstances médicales et des documents établis par les professionnels de santé.

L’acte peut permettre aux parents de donner un ou plusieurs prénoms à leur enfant. Depuis l’évolution de la législation intervenue en 2021, l’inscription d’un nom peut également être demandée dans les conditions prévues par le Code civil.

Pour certains parents, cette démarche revêt une grande importance symbolique.

Donner un prénom, faire inscrire un nom ou voir apparaître l’enfant dans certains documents familiaux peut participer à sa reconnaissance.

Cela ne change pas juridiquement la nature de l’acte ni les règles relatives à la personnalité juridique, mais cela peut avoir une forte portée affective pour les familles.

Face à ces situations parfois complexes, il est toujours préférable de se faire expliquer précisément les possibilités par l’établissement de santé, le service d’état civil et, lorsque des obsèques sont envisagées, par un opérateur funéraire.

 

Le temps d’après

Le moment le plus difficile n’est pas toujours celui auquel on pense.

Pendant les premiers jours, il y a beaucoup de démarches. L’hôpital. Les rendez-vous. Les formalités. Parfois les obsèques. La famille. Les appels.

Puis, progressivement, tout cela se termine. Et le silence arrive.

Les proches reprennent leur quotidien. Les collègues retournent travailler. Les conversations changent. Mais pour les parents, l’absence demeure.

Certaines dates peuvent alors devenir très fortes : la date prévue de l’accouchement, la date du décès, l’anniversaire, Noël, la fête des mères, la fête des pères, une grossesse dans l’entourage, la naissance d’un autre enfant.

Ces moments peuvent réactiver des émotions longtemps après le décès.

Il est important de comprendre que le deuil n’est pas une ligne droite. Il peut y avoir des périodes d’apaisement, puis une douleur qui revient soudainement.

Cela ne signifie pas que l’on « régresse ». Cela signifie simplement que certains événements rappellent le lien et l’absence.

Une grossesse ultérieure peut également être très particulière. Elle peut être source de joie et d’espoir, mais aussi de peur.

Chaque consultation. Chaque échographie. Chaque silence. Chaque nouvelle étape peut être vécue avec une vigilance particulière.

Et là encore, il faut rappeler qu’un nouvel enfant ne remplace jamais celui qui est mort. Il vient écrire une nouvelle histoire. L’histoire précédente, elle, continue d’exister.

 

Lorsque l’on ressent le besoin d’être accompagné

Certaines personnes parviennent progressivement à trouver leurs propres ressources dans leur entourage. D’autres ont besoin d’un accompagnement. Les deux situations sont normales.

Demander de l’aide ne signifie pas que l’on échoue à faire son deuil. Cela signifie parfois simplement que l’on a besoin d’un endroit où déposer ce que l’on porte.

Un lieu où l’on peut prononcer le prénom de son enfant.

Parler de la culpabilité. De la colère. De la tristesse. De la peur. De la relation de couple. De la reprise du travail. D’une future grossesse.

Ou simplement dire que l’on ne va pas bien.

L’accompagnement peut être proposé par différents professionnels : médecin, sage-femme, psychologue, psychiatre, professionnel spécialisé dans le deuil ou association.

Il peut également s’agir de groupes de parole permettant de rencontrer d’autres parents ayant vécu une situation proche.

 

Maison Funéraire Confluence et Institut Deuil & Présence : deux structures, une volonté commune d’accompagner

À la Maison Funéraire Confluence, nous accompagnons les familles lorsque des obsèques doivent être organisées.

Dans le contexte du deuil périnatal, cet accompagnement demande une attention particulière.

Il faut savoir expliquer sans brusquer. Laisser le temps. Répondre aux questions. Permettre aux parents de choisir. Accompagner un geste, un hommage ou une cérémonie lorsque cela est souhaité.

Mais notre rôle funéraire a aussi ses limites.

Lorsque les obsèques sont terminées, le besoin de soutien peut continuer.

C’est pourquoi une synergie existe avec l’Institut Deuil & Présence.

L’Institut est une structure distincte de la Maison Funéraire Confluence. Il ne s’agit pas d’une prestation funéraire supplémentaire.

Son objectif est de proposer un accompagnement psycho-social du deuil aux personnes qui en ressentent le besoin.

Cet accompagnement peut concerner les familles ayant fait appel à la Maison Funéraire Confluence, mais il est également ouvert aux personnes extérieures.

Un premier entretien permet notamment d’écouter ce qui a été vécu, d’évaluer les répercussions du décès sur la vie personnelle, familiale, conjugale, sociale ou professionnelle, puis de réfléchir au soutien le plus adapté.

Selon les situations, il peut être proposé des entretiens individuels, un accompagnement du couple ou de la famille, des groupes de soutien ou une orientation vers un professionnel de santé lorsque cela est nécessaire.

L’objectif n’est pas d’oublier. Il n’est pas non plus de demander aux parents de « tourner la page ».

Il s’agit plutôt de les aider, progressivement, à trouver comment continuer à vivre avec cette histoire.

Parce qu’un deuil ne consiste pas à effacer le lien. Il consiste souvent à lui trouver une autre place.

En octobre, une pensée particulière

En ce mois d’octobre, nous pensons à tous ces tout-petits partis trop tôt.

À ceux qui n’ont vécu que quelques heures. Quelques jours. À ceux qui ne sont jamais sortis du ventre de leur mère.

À ceux dont la photographie tient dans une petite boîte.

À ceux dont le prénom continue d’être prononcé en famille.

À ceux dont on parle beaucoup.

Et à ceux dont les parents parlent encore difficilement.

Nous pensons à leurs mamans. À leurs papas. À leurs frères et sœurs. À leurs grands-parents. À leurs proches.

Nous pensons aussi à toutes ces familles pour lesquelles certaines dates, certaines chansons, certains lieux ou certains objets continuent de rappeler un enfant dont la vie a été très courte, mais dont la place reste immense.

Parce qu’un tout-petit peut partir très tôt et laisser pourtant une trace pour toute une vie.

Et parce que derrière le deuil périnatal, il y a toujours une histoire, un lien et une famille qui méritent d’être reconnus.

Votre enfant compte.
Votre histoire compte.
Et si vous avez besoin d’être accompagné, vous n’avez pas à traverser cette épreuve seul.

 

Bruno SALLAGOÏTY Directeur Maison Funéraire Confluence - Travailleur Psycho-Social

 


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